30 oct. 2016

Le CHRIST-ROI


La fête du Christ-Roi est de celles qui, instituées tardivement, n’ont pas pour objet l’un ou l’autre des faits historiques ou des mystères de l’œuvre du Salut, mais une vérité dogmatique, un thème général ou une dévotion. En fait la royauté du Christ est omniprésente dans toute l’année liturgique, y compris le dernier dimanche de l’année qui a pour thème la royauté eschatologique du Christ dans son triomphe définitif au dernier jour. Mais le royaume du Christ n’est pas, ou pas seulement eschatologique. Il n’est pas seulement attendu ; il est déjà là.






L’objet propre de la fête célébrée le dernier dimanche d’octobre est la réalisation de ce Royaume dans les réalités temporelles, à savoir culturelles, politiques, économiques et familiales. Le Christ règne dès à présent en particulier sur les réalités temporelles ; telle est la raison de l’institution de cette fête, qui était inutile aux temps de Chrétienté.
« Malgré des affirmations si nombreuses et si solennelles de la puissance royale du Christ, contenues dans la sainte Écriture et dans la divine liturgie, sévit, depuis plus d'un siècle et demi, dans le monde civilisé, une funeste hérésie appelée libéralisme par les uns et laïcisme par les autres. Cette erreur est multiforme, mais consiste en somme à nier la suprématie de Dieu et de l'Église sur la société civile et sur les États qui, officiellement, se proclament indépendants de toute autre autorité supérieure. » [1]

En ces temps d’apostasie dominante, la doctrine exposée dans l’encyclique Quas Primas sonne étrangement à nos oreilles. On risque de la réduire à une simple dévotion, purement intérieure, considérant que les temps de Chrétienté sont révolus. On risque aussi d’en faire une idéologie irréaliste, sans prise sur la réalité actuelle, et de la réduire à des slogans amers de condamnation. Dans tous les cas on prend une mentalité de vaincus qui est une forme de libéralisme.